4 500 km avec 25 chiens : Aurélie et Rémy Coste sur l’Alaska Highway
Par Aurélie Coste et Rémy Coste – Coste Racedog
Aurélie et Rémy Coste, de la Coste Racedog, nous racontent les coulisses d’un trajet hors norme : 4 500 km sur l’Alaska Highway avec 25 chiens de course. Organisation, alimentation, pauses, observation des chiens et reprise de l’entraînement à l’arrivée : un retour terrain au cœur du quotidien d’une meute de chiens sportifs.
En février, nous avons quitté Pinedale, dans le Wyoming, avec nos 25 chiens, direction Fairbanks, Alaska.
Au total : environ 4 500 km, deux frontières et six jours de route.
Nous savions que le trajet serait exigeant. Nous étions en plein hiver, avec des conditions de route parfois difficiles, beaucoup de glace et des températures très basses.
Notre objectif était d’arriver avec des chiens en forme, sans transformer le déplacement en épreuve inutile (ni pour les mushers ni pour les chiens) et de profiter du voyage !
Voyager avec 25 chiens : avant de prendre la route
Nous avions préparé suffisamment d’eau pour environ huit jours. En hiver, le problème n’est pas seulement d’avoir de l’eau, mais de réussir à la conserver sans que les canalisations gèlent. Nous surveillions donc régulièrement notre installation.
Pour la nourriture des chiens, nous avions organisé un ravitaillement près d’Edmonton, notamment pour acheter de la viande. Dans le Montana, nous avons également trouvé de la paille pour compléter nos besoins.
Les passages de frontière avaient été anticipés : documents sanitaires, vaccination contre la rage, identification des chiens par puce électronique et vérification des règles concernant la nourriture et les animaux.
Avec 25 chiens, impossible de partir en se disant que nous trouverions tout sur place.
Aurélie et Rémy Coste sur la route avec 25 chiens
Nous avions trouvé un rythme qui fonctionnait bien pour la meute.
Environ toutes les cinq heures, nous faisions un arrêt.
Nous installions alors un parc, notre « filet », d’environ 100 m².
Nous ne sortions pas les 25 chiens ensemble. Nous les répartissions en groupes d’environ dix afin qu’ils aient davantage d’espace pour profiter du parc, mais aussi pour que nous puissions prendre le temps de nous occuper de chacun.

Pendant leur sortie, nous pouvions les caresser tranquillement, vérifier qu’ils allaient bien, observer leur comportement et simplement profiter de ce moment avec eux.
Chaque groupe avait ainsi le temps de marcher, jouer, renifler et profiter de l’extérieur, sans être bousculé par les 25 chiens en même temps.
Ces pauses étaient importantes pour leur bien-être, mais aussi pour nous : elles nous permettaient de garder un contact individuel avec chaque chien et de repérer immédiatement si quelque chose semblait inhabituel.
Ce n’était pas simplement une pause « technique ».
Nous voulions que les chiens puissent réellement bouger après plusieurs heures passées dans le camion.
Pendant ces arrêts, ils avaient de l’eau à volonté.
Nous en profitions également pour observer chacun d’entre eux : comportement, appétit, selles, locomotion, attitude générale.
Avec une meute que l’on connaît bien, on repère rapidement celui qui n’est pas tout à fait comme d’habitude.
L’alimentation et les repas pendant le voyage
Nous avons conservé leur rythme habituel.
Repas le matin et le soir, comme à la maison.
Nous ne voulions pas modifier leur alimentation ou leur routine simplement parce que nous étions en déplacement.
Le voyage représentait déjà suffisamment de changements pour eux.
L’appétit était également l’un de nos indicateurs : un chien qui mange normalement, boit normalement et se comporte normalement est rassurant.
À l’inverse, un changement d’appétit ou de comportement nous faisait immédiatement porter davantage d’attention au chien concerné.
Nous avons choisi de rouler avec la lumière
En remontant vers le nord, les journées devenaient de plus en plus courtes.
Nous avons donc fait le choix, lorsque cela était possible, de ne pas rouler de nuit.
C’était une question de sécurité avec les conditions hivernales, mais pas seulement.
Nous voulions profiter de cette route.
Nous avions rêvé de l’Amérique du Nord pendant des années. Nous voulions voir les paysages et les animaux.
Et nous avons notamment croisé énormément de bisons.
Nous avions 4 500 kilomètres à parcourir, mais nous ne voulions pas simplement avaler les kilomètres.
L’Alaska Highway avec 25 chiens de course
Nous sommes arrivés à Dawson Creek, le début de l’Alaska Highway.
Pour nous, c’était un moment particulier. 
Nous avions imaginé cette route à travers les livres, les récits de mushers et les cartes.
Et maintenant, nous étions réellement dessus, avec notre camion et nos 25 chiens.
Nous avons continué vers Whitehorse, puis la frontière de l’Alaska, avant de passer par Tok.
Six jours après avoir quitté Pinedale, nous sommes finalement arrivés à Fairbanks.
Après le voyage : récupération et reprise de l’entraînement
Après 4 500 km et six jours de route, nous avons commencé par laisser les chiens récupérer.
Puis nous avons repris l’entraînement court et lent.
Nous ne cherchions pas immédiatement la performance.
Les premières sorties nous servaient surtout à observer.
Comment se déplacent-ils ?
Quelle est leur envie d’avancer ?
Comment récupèrent-ils ?
Est-ce que leur appétit reste normal ?
Progressivement, nous avons augmenté la durée et l’intensité des entraînements.
Nous avons préféré nous fier aux chiens plutôt qu’à un calendrier.
Après un long déplacement, notre retour terrain est simple :
on reprend progressivement, on observe beaucoup et on adapte.
Avec une meute, il n’existe pas seulement un trajet à gérer.
Il faut aussi gérer l’avant, le pendant et l’après.
Et notre objectif, au bout des six jours, était finalement très simple :
arriver à Fairbanks avec 25 chiens prêts à reprendre leur vie de chiens de course.
Les 5 enseignements à retenir par Aurélie Coste
1. Ne pas changer toutes les habitudes parce qu’on voyage
Pourquoi était-ce important de conserver les horaires ?
Pour éviter de perturber les habitudes des chiens. Nous essayons de garder des horaires d’entraînement aussi réguliers que possible, tout en les adaptant aux conditions météorologiques et aux horaires des compétitions. Cela permet notamment de maintenir une bonne digestion et une routine stable.
Le stress du transport peut-il modifier l’appétit ou la digestion ?
Oui, bien sûr. C’est pour cela qu’il est important que les chiens puissent se dépenser tous les jours, surtout lorsque nous sommes en déplacement en permanence. Le mouvement, les sorties et le maintien d’une routine sont essentiels à leur bien-être et à leur digestion.
Faut-il maintenir exactement la même ration les jours où les chiens restent plusieurs heures dans le camion ?
Non. Nous adaptons la ration en fonction de ce que les chiens ont fait les jours précédents et de ce qu’ils vont faire les jours suivants. L’important est de répondre à leurs besoins énergétiques tout en veillant à ce qu’ils soient suffisamment hydratés, notamment pendant les longs trajets.
Adaptiez-vous les quantités pendant les jours de route ?
Oui, absolument. Nous avons eu énormément de journées de route : entre deux compétitions, il pouvait facilement y avoir cinq jours de déplacement. Il faut donc adapter l’alimentation aux besoins réels du chien et prévoir régulièrement des pauses pour les faire sortir, marcher et bouger.
2. L’importance de l’hydratation pendant le transport
Est-ce que tous les chiens buvaient spontanément pendant le voyage ?
Oui. Nous avons de bons mangeurs et de bons buveurs, donc nous n’avons généralement pas eu de difficulté de ce côté-là.
Comment surveiller qu’ils buvaient suffisamment ?
Pendant les périodes d’entraînement, ils ont déjà une quantité importante d’eau chaque jour. Le fait de conserver le même rythme pendant les déplacements est donc assez naturel pour eux.
Est-ce que vous ajoutiez parfois quelque chose à l’eau ?
Oui, nous leur donnons notamment de la viande, ce qui contribue également à leur apporter de l’eau.
Quelle différence entre l’hydratation pendant un déplacement et l’hydratation avant une course ?
En Amérique du Nord, il y a beaucoup de compétitions et parfois très peu de temps entre deux courses. Nous considérons donc le transport comme une véritable période de récupération. Cela signifie beaucoup d’arrêts, des sorties régulières pour les chiens et une attention particulière portée à leur hydratation.
Comment adaptiez-vous le protocole lors de périodes très froides, lorsque l’eau gèle rapidement, et à l’inverse en période estivale ?
Lorsque nous vivons dans le camion, les chiens n’ont pas accès à l’eau en permanence. En revanche, ils ont de l’eau à chaque sortie, environ toutes les trois heures, en plus de l’eau apportée avec leurs repas et de leur hydratation individuelle. Cela permet de maintenir une hydratation régulière, même lorsque les conditions sont très froides.
3. La surveillance constante : comportement, appétit, selles, locomotion et attitude générale
Parmi tous ces indicateurs, lesquels vous semblent les plus précoces lorsqu’un chien commence à moins bien tolérer le voyage ou sa ration ?
Nos chiens ont toujours très bien toléré les déplacements, mais le premier signe qui m’alerterait serait une modification des selles, notamment des selles plus molles.
Une modification des selles vous fait-elle immédiatement intervenir ?
Des selles plus molles m’alertent et me poussent à surveiller le chien de plus près. Si le problème est réglé dès le lendemain et que le chien reste en forme, je ne m’inquiète généralement pas trop.
Une baisse d’appétit après une journée de transport est-elle forcément inquiétante ?
Chez nos chiens, une baisse d’appétit n’est jamais quelque chose que je considère comme normal. Si un de nos chiens ne mange pas, je réagis toujours très rapidement pour comprendre pourquoi.
Comment différencier fatigue normale et début de problème ?
Je suis très attentive au comportement habituel de chaque chien. Une certaine fatigue après un long déplacement est normale, mais je ne banalise jamais une modification importante, notamment si le chien ne mange pas. Je préfère toujours réagir trop rapidement que trop tard.
Est-ce que le poids ou l’état corporel étaient suivis pendant ces périodes ?
Oui, c’est très important de suivre régulièrement le poids et le body condition score des chiens. Cela devrait presque devenir une habitude, voire un réflexe, particulièrement chez les chiens sportifs dont les besoins peuvent évoluer rapidement.
4. Le retour à l’effort après plusieurs jours de route
Combien de temps de récupération laissiez-vous généralement ?
En général, nous prévoyons environ deux jours de récupération, puis une reprise douce et progressive.
Quels signes vous permettaient de décider qu’un chien pouvait reprendre ?
Si le voyage a été correctement géré, il n’y a généralement pas de signe particulier qui doit nous inquiéter. Les chiens récupèrent bien et peuvent reprendre, à condition que la reprise de l’entraînement soit progressive.
Pourquoi commencer court et lent ?
Pour permettre au chien de remettre progressivement son corps en mouvement et d’éviter qu’il ne parte comme un fou après plusieurs jours de repos. Un chien très excité peut facilement dépasser ses capacités physiques et augmenter son risque de blessure.
Est-ce que l’alimentation était modifiée pendant cette phase ?
Nous adaptons l’alimentation au niveau d’activité du chien. Il n’y a pas forcément besoin de changer brutalement la ration : elle évolue progressivement avec la reprise de l’effort.
À quel moment augmenteriez-vous à nouveau l’apport énergétique ?
Dès que les chiens recommencent à faire des efforts, leurs besoins énergétiques augmentent et nous adaptons leur ration en conséquence. Pour les chiens qui ont naturellement du mal à prendre du poids, nous ne réduisons d’ailleurs pas forcément beaucoup leur ration pendant les périodes de voyage.
Est-ce qu’on nourrit un chien qui voyage comme un chien qui s’entraîne ?
Cela dépend avant tout de son état corporel et de son objectif. Si l’on souhaite faire prendre du poids à un chien, il faut lui apporter davantage d’énergie que ce qu’il dépense. À l’inverse, si le chien est à son poids idéal, l’objectif est surtout d’adapter les apports à sa dépense réelle.
5. Les erreurs à ne pas faire quand on voyage avec un chien sportif
Quels sont, selon vous, les trois erreurs à éviter lorsqu’on voyage avec un chien sportif avant une compétition ?
- Vouloir voyager trop vite, sans prévoir suffisamment de pauses et de temps de récupération.
- À l’inverse, vouloir voyager trop lentement, en oubliant que le déplacement lui-même doit être géré comme une période de récupération et non comme une période d’inactivité totale.
- Reprendre l’entraînement trop rapidement, notamment lorsque le chien est très excité après plusieurs jours de repos. L’excitation ne signifie pas nécessairement que le corps est prêt à fournir immédiatement un effort intense.
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui doit faire 8, 10 ou 15 heures de route avec son chien avant une course ?
Je conseillerais de prévoir, si possible, une journée de récupération avant la compétition. Il faut également prévoir plusieurs arrêts pour permettre au chien de sortir, marcher et se mobiliser, et surtout veiller à ce qu’il soit correctement hydraté tout au long du trajet.
De retour avec PRO TEAM Nutrition
Depuis leur retour en Europe, Aurélie et Rémy Coste ont retrouvé PRO TEAM Nutrition pour l’alimentation de leurs chiens de la Coste Racedog.
Croquettes PRO TEAM PUISSANCE, et les compléments alimentaires PRO TEAM adaptés aux périodes d’activité et de récupération… l’alimentation fait de nouveau partie intégrante de leur quotidien avec leurs chiens sportifs.
Après trois années passées à voyager, à composer avec les produits disponibles localement et à adapter en permanence leurs habitudes, ce retour à PRO TEAM marque aussi le retour à une alimentation qu’ils connaissaient déjà avant leur départ.
À suivre dans les blogs d’Aurélie Coste
L’expérience d’Aurélie et Rémy Coste avec leurs chiens ne s’arrête évidemment pas à ces 4 500 km sur l’Alaska Highway.
Dans les prochains blogs d’Aurélie sur PRO TEAM Nutrition, nous continuerons à partager leur expérience de terrain autour du mushing et du chien sportif : alimentation, hydratation, récupération, préparation à l’effort et gestion quotidienne d’une meute de chiens de course.
Des sujets qu’Aurélie abordera à partir de leur propre expérience avec les chiens de la Coste Racedog, avec toujours le même principe : observer les chiens, s’adapter à leurs besoins et à leur niveau d’activité.
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