Aurélie et Rémy Coste : l’aventure de trois hivers de mushing en Amérique du Nord

26/08/2026

Aurélie et Rémy Coste : l’aventure de trois hivers de mushing en Amérique du Nord

Par Aurélie Coste et Rémy Coste – Coste Racedog

Avec nos chiens, du Québec à l’Alaska, à la découverte du mushing nord-américain

Partir pour trois hivers en Amérique du Nord, avec nos chiens et notre camion aménagé, c’était avant tout l’envie de vivre un nouveau challenge.

Découvrir de nouvelles pistes, changer de décor, sortir de nos habitudes et surtout aller à la rencontre d’un monde qui nous faisait rêver depuis longtemps : celui du mushing nord-américain.

Aurélie et Rémy CosteNous sommes Aurélie Coste, vétérinaire ostéopathe, et Rémy Coste, boulanger et musher. Nous avions envie d’aller découvrir le mushing dans son berceau, et notamment les compétitions de sprint nord-américaines.

Pendant trois hivers, notre camion est devenu notre maison. Avec nos chiens, nous avons parcouru des milliers de kilomètres, traversé le Canada et les États-Unis, découvert l’Alaska, participé à de nombreuses compétitions et rencontré des mushers qui nous ont ouvert les portes de leur univers.

Nous étions partis pour courir.

Nous allions finalement vivre bien plus qu’une aventure sportive.

Aurélie et Rémy Coste

Tout recommence avec nos chiens de traîneau

Nous avons atterri au Québec avec nos chiens, mais très vite, nous avons compris qu’il ne suffisait pas de traverser l’Atlantique pour continuer à faire du mushing comme chez nous.

Il fallait s’adapter.

La première adaptation concernait les chiens. Nouvelles croquettes, nouvelles viandes, nouvelles habitudes d’approvisionnement… Leur alimentation a dû être complètement repensée. Lorsque l’on voyage avec un attelage, on ne peut pas simplement reproduire ce que l’on fait à la maison. Il faut trouver les aliments disponibles localement, adapter les rations et observer les chiens pour vérifier que tout fonctionne.

Et puis, il y avait les pistes.

Chez nous, nous connaissions nos terrains d’entraînement. Nous maîtrisions nos parcours, leur dénivelé, leur longueur et les conditions de piste. En Amérique du Nord, tout cela disparaissait.

Nous ne contrôlions plus nos pistes d’entraînement, leur dénivelé, leur damage ou leur état.

Il fallait faire avec ce que l’on nous proposait.

Cette perte de repères était finalement une formidable école. Elle nous obligeait à nous adapter en permanence, à observer davantage nos chiens et à faire confiance à notre expérience.

Dans le nord du lac Saint-Jean, nous avons rencontré des mushers français qui avaient, eux aussi, fait un choix de vie radical : tout quitter pour s’installer au Québec et vivre dans une pourvoirie, au plus près de la nature et de leurs chiens.

Ces rencontres nous ont immédiatement parlé. Nous étions venus pour quelques mois, avec notre camion et notre team. Eux avaient franchi le pas d’une installation complète.

Ils nous ont permis de découvrir une autre manière de vivre le mushing, beaucoup plus ancrée dans le territoire et dans la vie quotidienne.

Peu à peu, nous avons commencé à rencontrer d’autres mushers, à nous entraîner et à comprendre les codes de ce milieu que nous étions venus découvrir.

Puis il a fallu prendre la route.

Une première course de mushing qui change tout

Notre première compétition nord-américaine nous attendait dans le Wyoming. Pour y arriver, nous avons traversé les États-Unis avec notre camion et notre petit team d’environ 25 chiens.

Aurélie et Rémy Coste

À mesure que nous avancions vers l’ouest, les paysages changeaient. Nous découvrions les grands espaces du Far West : montagnes, plateaux, immensités sauvages.

Nous arrivions avec un petit team européen totalement inconnu en Amérique du Nord. Nous étions surtout là pour découvrir, rencontrer des mushers et nous mesurer à de nouvelles pistes.

Et pourtant, dès cette première course, quelque chose d’inattendu allait se produire.

Nous avons pris le départ de la Pedigree Stage Stop, une course réputée de huit jours dans les Rocheuses américaines.

Huit jours de compétition, durant lesquels il faut gérer les chiens, récupérer entre les étapes, adapter l’attelage et composer avec des pistes que nous découvrions pour la première fois.

Et notre petit team de 25 chiens a créé la surprise.

Nous avons gagné.

Pour nous, cette victoire avait une saveur toute particulière. Nous étions arrivés en Amérique du Nord comme un petit team totalement inconnu. Et dès notre première compétition, nous remportions une course emblématique de huit jours dans les Rocheuses.

Quelques jours auparavant, nous étions encore en train de découvrir le fonctionnement des courses nord-américaines. Nous voilà soudain vainqueurs.

Nous étions venus chercher un nouveau challenge.

Nous venions de le trouver.

Toujours plus au nord : direction l’Alaska

Après cette première victoire, nous avons repris la route, direction le Grand Nord.

Nous avons emprunté l’Alaska Highway, cette route mythique qui traverse des territoires immenses et sauvages. Pendant des centaines, puis des milliers de kilomètres, les paysages se sont succédé sans que nous croisions grand monde.

De longues étendues désertes, des forêts, des montagnes, des lacs gelés et cette impression permanente d’être minuscules face à l’immensité du territoire.

Avec notre camion et nos chiens, nous avancions vers le nord.

Des milliers de kilomètres plus loin, nous sommes arrivés à Fairbanks, en Alaska, pour participer à la Gold Run.

Rémy remporte la course et Aurélie prend la deuxième place.

Nous prenons ensuite la direction d’Anchorage. Près de 900 kilomètres de route nous attendent, avec notamment la découverte du Denali.

À Anchorage, nous participons au Rondy. Après trois jours de course, Rémy termine deuxième, à seulement 20 secondes du premier.

Nous reprenons ensuite la route vers Fairbanks pour le Limited North American Championship, que Rémy remporte.

Puis vient l’Open North American Championship, où il prend une belle deuxième place.

Nous participons également à la Tok Race of Champions, avec une victoire pour Rémy et une deuxième place pour Aurélie.aurélie et Rémy Coste

Course après course, notre aventure prend une autre dimension. Nous étions partis avec un petit team de 25 chiens et sans aucune notoriété en Amérique du Nord. Quelques mois plus tard, nous jouions les premiers rôles dans plusieurs compétitions de sprint du continent.

Mais certaines courses nous ont surtout permis de découvrir une autre facette du mushing.

Le mushing dans les villages Native

Nous avons beaucoup apprécié les courses organisées dans les villages Native, notamment à Tanana et Minto.

Loin des grandes compétitions, nous découvrions une autre atmosphère. Ici, le chien de traîneau fait partie de la culture et du quotidien. Les courses sont l’occasion de se retrouver, de partager et de vivre ensemble autour des chiens.

Rémy remporte ces épreuves et Aurélie termine deuxième.

Mais ce que nous retenons surtout, c’est la proximité avec les habitants et cette relation particulière au territoire.

Pour nous, ces étapes représentaient beaucoup plus qu’un classement. Elles nous permettaient de mieux comprendre la place du mushing dans le Nord et de découvrir des communautés pour lesquelles le chien et le déplacement en traîneau font partie d’une histoire beaucoup plus ancienne que la compétition sportive.

Aurélie et Rémy Coste : une deuxième année de mushing en Alaska

Après cette première saison incroyable, nous avons décidé de rester une année de plus.

Nous avions encore tellement de choses à découvrir que l’idée de rentrer en Europe nous paraissait prématurée. Pour notre deuxième hiver, nous avons choisi de rester en Alaska pour vivre cette expérience à fond.

Nous étions basés à proximité d’Anchorage.

Nous avons continué à courir, mais nous avons aussi pris le temps de découvrir le territoire : Seward, McCarthy, le Denali… Chaque déplacement était l’occasion de mesurer une nouvelle fois l’immensité de l’Alaska.

Sur les pistes, notre team continuait à être performant. Nous terminons deuxièmes de l’ONAC et remportons notamment la Gold Run, Montana Creek, Tanana, North Pole et Minto.

Ces résultats confirmaient que notre première saison n’avait pas été un simple coup d’éclat. Notre petit team européen avait désormais trouvé sa place dans le sprint nord-américain.

Mais cette deuxième année allait surtout nous permettre d’aller encore plus loin dans notre immersion.

L’été sur les glaciers

À la fin de la saison hivernale, Aurélie a pris contact avec Dallas Seavey pour travailler avec lui pendant l’été.

Elle a eu l’opportunité de devenir musher sur les glaciers.

Le travail sur glacier était une nouvelle facette du mushing. Après avoir passé l’hiver sur les pistes de compétition, Aurélie découvrait un autre environnement et une autre manière de travailler avec les chiens.

Pour elle, cette expérience avait aussi une dimension professionnelle particulière. Être quotidiennement au contact des chiens lui permettait de mettre à profit son expérience de vétérinaire ostéopathe tout en découvrant une autre façon de travailler avec un attelage.

Pendant ce temps, Rémy est resté avec notre team et a continué à s’occuper des chiens et à les entraîner.

En Alaska, nous sommes également devenus amis avec un musher spécialisé dans le sprint, qui était lui-même vétérinaire. Aurélie a eu l’occasion de travailler avec lui.

Cette rencontre faisait particulièrement écho à son propre parcours. Elle pouvait échanger avec quelqu’un qui connaissait à la fois les exigences du métier de vétérinaire et celles de la compétition en mushing.

Au fil des mois, les rencontres devenaient aussi importantes que les courses.

Une autre Alaska

Lors du deuxième été, nous étions basés à Salcha et nous avons continué à voyager, jusqu’à Prudhoe Bay.

Pour Aurélie, cet été a été particulièrement riche professionnellement. Elle a travaillé comme ostéopathe auprès de chiens d’agility et a également participé à des missions vétérinaires dans des villages Native.

Certains villages ne sont accessibles que par avion ou hélicoptère.

Ces missions ont ainsi permis de découvrir Nome, Saint Lawrence Island, les Diomède et d’autres villages isolés.

Aurélie y intervenait pour aider aux soins vétérinaires, notamment auprès des chiens.

Ces déplacements nous ont fait découvrir une Alaska bien différente de celle des grandes villes et des compétitions. Il faut prendre plusieurs avions, transporter le matériel nécessaire et aller directement à la rencontre des habitants et de leurs chiens.

Ces rencontres ont profondément marqué notre aventure.

Pendant ce temps, Rémy préparait notre team pour une dernière saison en Amérique du Nord.

Dans les pas des grands noms du mushing

Au fil de nos déplacements, nous avons également eu la chance de rencontrer de grands noms du mushing.

Dans le Wyoming, nous avons notamment rencontré Doug Swingley, vainqueur de l’Iditarod et de la Pedigree Stage Stop.

Doug Swingley

Pour nous qui venions d’arriver en Amérique du Nord avec notre petit team, rencontrer une figure aussi emblématique avait quelque chose de particulier.

Quelques mois auparavant, nous étions encore inconnus sur le continent. Nous nous retrouvions désormais à partager les mêmes pistes et à côtoyer ceux dont nous avions entendu parler avant même de traverser l’Atlantique.

Ces rencontres rendaient le rêve de départ beaucoup plus concret.

Une dernière saison de mushing en Amérique du Nord

Pour notre troisième hiver, nous avons repris la route vers le sud, direction le Wyoming.

Nous avons traversé la Saskatchewan avec notre camion et nos chiens, retrouvant progressivement les paysages des Rocheuses.

Cette dernière saison avait une saveur particulière.

Nous connaissions désormais les pistes, les courses et une partie des mushers rencontrés au fil des deux premiers hivers.

À West Yellowstone, nous avons remporté une course de sprint dans les paysages incroyables du parc Yellowstone : la Fun Run. aurelie et Rémy Coste

Puis nous avons retrouvé la Pedigree Stage Stop, cette course qui avait marqué le début de notre aventure nord-américaine.

Deux ans plus tôt, nous étions arrivés comme un petit team inconnu et avions créé la surprise en remportant l’épreuve.

Cette fois, nous savions ce qui nous attendait.

Après huit jours de compétition, nous terminons deuxièmes de la Pedigree Stage Stop.

La boucle était presque bouclée.

Après avoir remonté l’Alaska Highway, nous avons également remporté le Tanana Championship ainsi que Minto.

Mais derrière les résultats sportifs, nous commencions à mesurer que cette saison était différente.

On a décidé que ce serait notre dernier hiver en Amérique du Nord.

Le chemin du retour

Après trois hivers en Amérique du Nord, il fallait faire un choix.

Nous pouvions rester, nous installer définitivement. Nous avions trouvé notre place dans le monde du mushing nord-américain, nous avions nos habitudes, nos amis et cette immense nature que nous aimions tant.

Mais notre famille et notre paradis lapon nous manquaient.

L’expérience nord-américaine avait été incroyablement riche. Elle nous avait permis de vivre des choses dont nous avions rêvé, de découvrir des territoires exceptionnels, de rencontrer des mushers passionnés et de travailler avec des chiens dans des conditions extraordinaires.

Mais vivre en Amérique du Nord signifiait aussi choisir cette vie au détriment d’une autre.

Nous avons finalement décidé de rentrer en Europe.

Et plutôt que de simplement prendre l’avion, nous avons pris la route.

Nous voulions profiter une dernière fois de ces territoires qui avaient été notre quotidien pendant trois ans.

Traverser le Yukon a été l’un de nos plus gros coups de cœur. Nous avons découvert Haines, puis Dawson City, véritable rêve du Grand Nord américain. Nous avons vu un grand nombre d’ours.

Dawson représentait pour nous tout un imaginaire : la ruée vers l’or, les chercheurs d’or, les pistes, les aventuriers et cette histoire du Grand Nord que nous avions tant de fois côtoyée à travers nos voyages.

Pour la première fois depuis longtemps, nous pouvions prendre le temps de regarder autour de nous sans penser à la prochaine course ou au prochain entraînement.

C’était une manière de dire au revoir.

Puis nous avons repris la route de la Laponie suédoise, notre autre paradis.

Nous y avions déjà notre gîte. Après trois hivers passés à vivre dans notre camion, à parcourir les pistes et les routes d’Amérique du Nord avec nos chiens, nous avions envie de retrouver ce lieu et de le rouvrir.

L’idée était désormais de partager notre expérience avec d’autres passionnés et de leur faire découvrir notre environnement à travers des semaines multiactivités, autour de la nature, des chiens, du mushing et de toutes ces activités qui nous passionnent.

Finalement, notre aventure nord-américaine ne s’est pas vraiment terminée lorsque nous avons pris la route du retour.

Elle nous a simplement ramenés vers un nouveau chapitre.

Nous étions partis pour vivre un nouveau challenge, découvrir de nouvelles pistes et aller à la rencontre du mushing dans son berceau.

Nous avons trouvé bien plus que cela.

Des milliers de kilomètres, des courses, des podiums, des victoires, des glaciers, des villages accessibles uniquement par avion, des paysages à couper le souffle, des rencontres avec des mushers et surtout trois années de vie partagées avec nos chiens.

Nous étions partis chercher de nouvelles pistes.

Nous avons trouvé des pistes de course, mais aussi de nouvelles pistes de vie.

Après trois hivers en Amérique du Nord, nous avons choisi de revenir dans notre paradis de Laponie suédoise.

Et aujourd’hui, c’est à notre tour d’ouvrir notre porte et de partager cette expérience, en faisant découvrir à ceux qui viendront nous rejoindre un peu de cette aventure nordique qui a changé notre façon de voir le mushing, le voyage et la vie avec les chiens.

Interview d’Aurélie et Rémy Coste : trois années à adapter l’alimentation de leurs chiens

Quand vous arriviez dans une nouvelle région et deviez trouver une nouvelle alimentation, quels étaient vos premiers critères de choix pour les croquettes ?

La disponibilité était notre premier critère. Nous cherchions surtout une alimentation que nous allions pouvoir trouver de manière régulière et sur une longue période, afin d’éviter de multiplier les changements alimentaires. Nous ne pouvions pas non plus transporter de grandes quantités d’aliments en franchissant les frontières, ce qui nous empêchait de constituer des stocks importants.

Ensuite, nous regardions bien sûr la teneur en protéines et en matières grasses, ainsi que la réputation de l’aliment et de la marque.

Une fois, en Alaska, nous avons même fait analyser complètement un aliment parce que nous pensions pouvoir l’utiliser pendant une longue période. Mais l’approvisionnement était tellement irrégulier que nous n’étions jamais certains de pouvoir en retrouver. C’était finalement l’un des aspects les plus frustrants de l’alimentation pendant ces trois années de voyage.

Pour sécuriser au maximum la digestion des chiens malgré ces changements et ces incertitudes, nous avons notamment utilisé des pré- et probiotiques, des compléments articulaires et des huiles.

Comment les Américains et les Canadiens achètent-ils leurs croquettes ? Est-ce comme en France ? Et pour les mushers ?

Les croquettes sont généralement moins chères au Canada, et encore davantage au Québec, qu’aux États-Unis. L’Alaska est encore plus cher.

En revanche, les livraisons peuvent être compliquées à cause des distances énormes et des conditions météorologiques. L’Alaska Highway est très longue, mais elle est bien entretenue en hiver et le trafic y est relativement régulier. Les livraisons restent donc possibles, mais elles sont plus longues et plus coûteuses.

Les mushers ont généralement tendance à commander leurs croquettes pour toute la saison d’hiver afin de limiter les problèmes d’approvisionnement.

Pour ceux qui vivent dans les territoires du Nord-Ouest ou dans des régions très isolées, l’approvisionnement peut en revanche être beaucoup plus compliqué.

Et pour la viande ? Est-ce plus facile de se procurer de la bonne qualité aux États-Unis et au Canada ?

Nous avons eu le sentiment que les contrôles et les exigences sanitaires ne sont pas les mêmes qu’en France, et cela nous a amenés à être particulièrement prudents avec la viande utilisée pour nos chiens de sport.

Pour les mushers qui participent à des compétitions avec contrôles antidopage, il faut également être vigilant avec l’origine de la viande, car certains produits peuvent contenir des substances susceptibles d’entraîner un contrôle positif.

Nous avons notamment été particulièrement prudents avec certaines viandes achetées au Québec et en Alberta, avec une attention particulière pour la viande de cheval, qui peut présenter un risque dans ce contexte.

Pour des chiens de sport comme les vôtres, qu’attendez-vous concrètement d’une bonne alimentation au quotidien et en période de compétition ?

Nous recherchons avant tout une qualité régulière et une très bonne digestibilité.

Pour des chiens de sport qui dépensent énormément d’énergie, nous avons également besoin d’un aliment suffisamment calorique pour éviter qu’ils aient à manger de très grandes quantités. L’objectif est de pouvoir couvrir leurs besoins énergétiques tout en conservant une bonne digestion et un bon état corporel.

Est-ce que vos critères changeaient selon la température, le volume d’entraînement ou les périodes de courses ?

Oui. Les changements importants de température, qu’il fasse soudainement très chaud ou très froid, peuvent entraîner une perte de poids, particulièrement lorsqu’ils coïncident avec une période d’entraînement.

En général, lorsque les conditions météorologiques changent brutalement, nous essayons plutôt d’alléger temporairement les entraînements afin de laisser aux chiens le temps de s’adapter.

En revanche, que ce soit en période d’entraînement intensif ou de compétition, les besoins énergétiques restent très élevés et l’alimentation doit être suffisamment calorique pour y répondre.

Lorsque vous changiez d’alimentation, comment faisiez-vous la transition ? Était-elle toujours progressive ou les contraintes du voyage vous obligeaient-elles parfois à faire autrement ?

Lorsque nous le pouvions, nous faisions toujours des transitions progressives. Mais les contraintes liées au passage des frontières rendaient parfois les choses beaucoup plus compliquées.

Nous ne pouvions pas transporter librement notre alimentation d’un pays à l’autre et nous ne retrouvions pas forcément la même viande une fois la frontière passée. Il fallait donc parfois s’adapter rapidement à ce qui était disponible.

Dans ces situations, nous étions particulièrement attentifs à la digestion des chiens et nous utilisions notamment des pré- et probiotiques pour accompagner les changements.

Quels étaient les signes qui vous permettaient de dire : « cette alimentation leur convient » ?

Le premier élément était le maintien, voire la prise de poids lorsque c’était nécessaire.

Nous regardions également attentivement la qualité et la quantité des selles, ainsi que la qualité du poil. L’appétence ne signifie pas qualité, mais c’est quand même important !

À l’inverse, quels signes vous faisaient décider qu’il fallait modifier la ration ou chercher une autre alimentation ?

La qualité et la quantité des selles étaient parmi les premiers signes qui nous alertaient. Une augmentation importante de la quantité de selles ou une dégradation de leur qualité pouvait indiquer que l’aliment était moins bien digéré.

La perte de poids était également un signal important, surtout chez des chiens qui ont des besoins énergétiques très élevés.

Avec 25 chiens, est-ce que tous mangeaient la même chose ?

Non. Nous adaptions bien sûr les quantités en fonction de chaque chien, mais tous ne réagissaient pas de la même manière à une croquette.

Certains chiens digéraient moins bien certains aliments. Lorsque nous avions déjà des sacs à terminer, nous pouvions donc acheter une autre alimentation pour les chiens qui commençaient à perdre du poids ou à avoir des selles plus molles.

Comment ajustiez-vous les quantités et/ou l’apport énergétique lorsqu’un chien travaillait davantage, récupérait d’une course ou devait au contraire lever le pied ?

Nous ajustions généralement l’apport énergétique en faisant varier en priorité la quantité de viande. Si un chien devait réellement perdre du poids, nous réduisions également la quantité de croquettes.

En revanche, nous évitions les changements trop brutaux. Le poids et l’état corporel d’un chien évoluent progressivement, et il faut donc ajuster les quantités suffisamment tôt plutôt que d’attendre que le chien ait déjà beaucoup perdu ou pris de poids.

Utilisiez-vous systématiquement de la viande ou d’autres aliments en complément des croquettes ? Pourquoi et dans quelles situations ?

Oui, nous ajoutions de la viande. Elle apporte notamment de l’appétence, ce qui est très important chez des chiens sportifs, et elle contribue également à leur hydratation.

C’était donc à la fois intéressant sur le plan alimentaire et très pratique pour maintenir une bonne prise alimentaire et une bonne hydratation.

Après ces trois années à devoir tester différentes solutions, qu’est-ce que cette expérience a changé dans votre manière de choisir et d’évaluer une alimentation pour vos chiens ?

Cette expérience nous a surtout appris à ne pas nous fier uniquement à l’étiquette ou à la composition théorique d’un aliment.

Une bonne alimentation est avant tout une alimentation que l’on peut obtenir régulièrement, que les chiens mangent volontiers et qu’ils digèrent bien. Chez des chiens de sport, nous regardons surtout ce qui se passe concrètement : le poids, les selles, le poil, l’appétit, l’état général et la capacité à maintenir leurs performances.

Nous avons également appris qu’il faut toujours avoir une solution de secours lorsque l’on voyage avec beaucoup de chiens. La meilleure alimentation sur le papier ne sert à rien si elle devient impossible à trouver quelques semaines plus tard.

Si un musher ou un sportif canin doit changer de croquettes parce que son alimentation habituelle n’est pas disponible, quels sont les 3 ou 4 critères que vous lui conseilleriez de regarder en priorité ?

Je regarderais d’abord l’appétence : est-ce que le chien a envie de manger cette nouvelle croquette ?

Ensuite, la digestion, notamment la qualité et la quantité des selles. Une augmentation brutale de la quantité de selles peut être un signe que le chien assimile moins bien le nouvel aliment.

Je surveillerais également le poids et l’état corporel, surtout chez un chien qui travaille beaucoup.

Enfin, je privilégierais une alimentation que l’on sait pouvoir retrouver facilement et régulièrement. Lorsqu’on voyage ou qu’on prépare une saison de compétition, la régularité de l’approvisionnement est presque aussi importante que la composition de l’aliment.

Il faut également savoir que le chien peut mettre jusqu’à 3 mois à s’adapter à une nouvelle alimentation. On peut donc voir certains effets sur le poil ou le mental tardivement.

Aujourd’hui, de retour en Laponie, Aurélie et Rémy Coste ont retrouvé l’alimentation PRO TEAM Nutrition pour les chiens de la Coste Racedog, avec notamment les croquettes PRO TEAM PUISSANCE et les compléments nutritionnels adaptés à leurs chiens sportifs.

→ Découvrez les croquettes et compléments alimentaires PRO TEAM Nutrition

À suivre : les coulisses du voyage avec 25 chiens

L’aventure d’Aurélie et Rémy Coste ne s’arrête pas à ces trois années passées sur les pistes nord-américaines.

Dans son prochain blog pour PRO TEAM Nutrition, Aurélie nous emmène dans les coulisses d’un trajet de 4 500 km sur l’Alaska Highway avec 25 chiens de course : organisation du voyage, alimentation, pauses, surveillance des chiens, récupération et reprise progressive de l’entraînement.

Une nouvelle immersion dans le quotidien de la Coste Racedog, avec cette fois un regard très concret sur la gestion d’une meute de chiens sportifs en déplacement.

→ Découvrir tous les blogs d’Aurélie Coste
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