Remettre un hound à l’entraînement : notre méthode après 15 ans d’expérience

7/10/2026

Remettre un hound à l’entraînement : notre méthode de terrain après 15 ans d’expérience

Après plus de 15 ans passés à entraîner et préparer leurs chiens de course, Aurélie et Rémy Coste ont construit leur propre méthode de travail, basée sur l’observation, la progressivité et l’adaptation à chaque chien.

Dans ce nouveau retour terrain, Aurélie Coste nous partage très concrètement leur méthode pour reprendre l’entraînement avec un chien sportif après une période de repos : VTT en libre, travail au quad, marcheur, natation, suivi de la locomotion, récupération et alimentation.

Elle nous présente également le suivi de Solo, l’un de leurs chiens, pendant quatre semaines de reprise après six semaines d’arrêt.

SOLO COSTE RACEDOG 6

Solo

Un retour d’expérience très complet qui montre qu’une bonne remise à l’entraînement ne consiste pas simplement à augmenter progressivement les kilomètres. Chez Aurélie et Rémy, la performance se construit autour de plusieurs éléments : entraînement, alimentation, récupération, observation de la locomotion, soins des coussinets et adaptation individuelle de chaque chien.

À lire également : Reprendre l’entraînement avec un chien sportif – retour terrain et conseils pratiques

Entraînement avec un chien sportif : de la fin de saison à la reprise

Dès la fin de l’hiver et la disparition de la neige, nous recommençons à préparer la saison suivante.

L’objectif des mois de printemps et d’été n’est pas de rechercher la vitesse. Nous cherchons avant tout à :

  • construire une bonne base d’endurance ;
  • conserver la musculature ;
  • maintenir une activité régulière ;
  • travailler la technique et l’éducation à l’attelage ;
  • préparer progressivement le chien à supporter une augmentation de la charge de travail.

Pour nous, trois qualités sont étroitement liées :

ENDURANCE → FORCE → VITESSE

Le travail d’endurance permet de construire les bases nécessaires au travail plus intense.

Le travail de force permet de conserver une bonne musculature et de mieux supporter les contraintes de la vitesse.

L’objectif est donc d’augmenter progressivement la charge de travail, sans brûler les étapes.

Notre semaine type de mai à août

Jour Entraînement Durée / distance Objectif
Lundi VTT en libre 1 h 30 Endurance
Mardi Quad 6 km Force
Mercredi VTT en libre 2 h Endurance
Jeudi Natation 20 min Musculation / récupération
Vendredi Quad 6 km Force
Samedi Marcheur 2 h Endurance
Dimanche Repos + jeux — Récupération

Le travail au quad est généralement réalisé un jour sur deux, mais cette organisation reste adaptable en fonction des conditions météorologiques, de l’état des chiens et de leur récupération.

VTT : construire l’endurance

Le travail en libre derrière le VTT est l’un de nos principaux outils pour développer l’endurance.

Le principe est simple : les chiens suivent le vélo et c’est le musher qui impose le rythme.

Nous travaillons généralement à une vitesse de 12 à 15 km/h maximum, avec une allure régulière et contrôlée.

Pour l’endurance, nous raisonnons surtout en temps de travail, plus qu’en kilomètres.

Des petits groupes

Le nombre de chiens dépend évidemment de l’expérience du musher et de son contrôle du groupe.

Personnellement, je préfère travailler avec des groupes d’environ 10 chiens.

Plus le groupe est important, plus les chiens peuvent se bousculer pour trouver leur place. L’exercice devient alors plus excitant et plus stressant, alors que nous recherchons au contraire un travail calme et homogène.

Des pauses toutes les 10 minutes

Nous faisons de courtes pauses environ toutes les 10 minutes.

Ces pauses servent à :

  • récupérer ;
  • se rafraîchir ;
  • boire ;
  • vérifier les chiens ;
  • observer leur locomotion ;
  • travailler l’éducation.

Lorsque nous nous arrêtons, les chiens doivent attendre notre signal avant de s’éloigner.

Ils peuvent ensuite aller faire leurs besoins, se détendre ou jouer, mais toujours dans le calme.

Fiche pratique – VTT en libre

Pour accompagner ce travail, Aurélie et Rémy utilisent une fiche dédiée au VTT en libre permettant de noter les objectifs de la séance, sa durée, le terrain et d’observer notamment la démarche, la régularité du mouvement, l’amplitude du trot, la coordination, la motivation, la fatigue et la récupération. Proteam Fiche VTT Libre

Accédez à la fiche : Proteam Fiche VTT Libre

Travailler avec la chaleur

En été, nous adaptons constamment le travail aux conditions.

Nous surveillons :

  • la température de l’air ;
  • l’humidité ;
  • la température du sol ;
  • l’exposition au soleil ;
  • la durée de l’effort ;
  • l’état du chien.

Nous avons la chance d’avoir une piste longeant une rivière sur plusieurs dizaines de kilomètres. Cela nous permet de proposer régulièrement des pauses pour rafraîchir les chiens et leur permettre de boire.

Nous évitons cependant qu’un chien absorbe une très grande quantité d’eau juste avant de repartir sur un effort important.

À basse vitesse et sans traction, le travail peut être beaucoup moins contraignant thermiquement qu’un travail de force, mais la température reste toujours un facteur déterminant.

Nous surveillons également particulièrement les coussinets : l’abrasion augmente avec la température du sol et avec la répétition des séances.

Le travail de force au quad

Nous aimons conserver régulièrement un travail attelé pendant l’été.

Pourquoi ?

Parce qu’un arrêt complet du travail de traction entraîne une perte de condition musculaire spécifique qu’il faudra ensuite reconstruire.

En conservant une petite quantité de travail attelé pendant l’été, nous pouvons recommencer la saison avec des chiens déjà habitués à la traction et augmenter ensuite plus rapidement la charge de travail.

L’été est également le meilleur moment pour travailler l’éducation à l’attelage.

Nous ne sommes pas pressés par les compétitions et pouvons prendre le temps d’obtenir des départs calmes, des arrêts calmes et des chiens attentifs aux ordres.

L’échauffement

Nous commençons toujours par environ 15 minutes d’échauffement.

Selon les conditions, il peut être réalisé :

  • en libre derrière le vélo ;
  • au marcheur ;
  • sous forme de jeux dans le parc.

Ensuite, nous prenons le temps d’atteler chaque chien calmement.

Nous travaillons en petits groupes, souvent autour de 10 chiens, et changeons régulièrement les duos, notamment en tête.

Le travail

Nous travaillons avec le moteur arrêté, au galop, mais sans rechercher la vitesse maximale.

SOLO COSTE RACEDOG 3La vitesse se situe généralement autour de 20 à 25 km/h, selon le terrain et les conditions.

Nous faisons autant de pauses que nécessaire afin de conserver une allure régulière et une traction constante.

Les pauses permettent également de travailler :

  • le calme à l’arrêt ;
  • le respect des ordres ;
  • la qualité des départs.

À mi-parcours, nous pouvons dételer tout le groupe et recommencer la mise à l’attelage en changeant le côté de chaque chien.

Les chiens qui courent à gauche passent à droite et inversement.

Fiche pratique – Quad / Attelage

La fiche Quad / Attelage permet de suivre le travail de traction, de force, de puissance ou d’endurance, mais aussi les binômes, les positions dans l’attelage, le terrain, la régularité de l’allure, la qualité de la traction, la fatigue et la récupération.

Retrouvez : Proteam Fiche Quad-Attelage

Et si on n’a pas le même matériel ?

Les principes utilisés par Aurélie et Rémy peuvent aussi être adaptés lorsque l’on pratique avec un ou quelques chiens et que l’on ne dispose pas du même matériel.

Pour travailler l’endurance, Aurélie conseille de conserver les mêmes principes que ceux présentés dans l’article, simplement avec moins de chiens.

Pour travailler la force, il est possible d’utiliser le VTT sans pédaler, afin que le chien fournisse davantage d’effort de traction. Le travail en trottinette constitue également une possibilité.

Pour travailler la vitesse, le VTT peut être utilisé en pédalant afin d’accompagner davantage le chien.

Ces différents supports permettent donc à un pratiquant disposant d’un ou de quelques chiens de retrouver les grands principes utilisés par Aurélie et Rémy et de les adapter à sa propre pratique.

Changer les côtés

Même si un chien préfère courir à gauche ou à droite et qu’il aura probablement une position privilégiée en compétition, nous trouvons important de lui apprendre à courir des deux côtés.

Pour deux raisons principales :

Homogénéité musculaire

Changer régulièrement de côté permet de solliciter le corps de manière plus équilibrée.

SOLO COSTE RACEDOG 4

Observation de la locomotion

Si un chien ne se déplace pas de la même manière à droite et à gauche, cela peut être une simple préférence, mais cela peut également révéler une gêne.

Une observation attentive peut alors conduire à un examen plus approfondi et, si nécessaire, à une séance d’ostéopathie ou à un examen vétérinaire.

Récupération après le travail

À la fin de l’exercice, nous réalisons environ 15 minutes de récupération active, sous une forme similaire à l’échauffement.

Cette phase permet au chien de redescendre progressivement en intensité et favorise une récupération progressive après l’effort.

Température et travail de force

Le travail attelé est beaucoup plus exigeant thermiquement que le travail en libre.

Nous ne faisons pas de travail de force au-dessus d’environ 12 °C.

Cela signifie parfois qu’en été, il faut travailler très tôt le matin.

Lorsque les conditions ne permettent pas de faire une séance de traction, nous préférons remplacer le travail par une activité adaptée, notamment la natation.

Le marcheur

Le marcheur permet de travailler l’endurance sous une autre forme que le VTT.

Nous évitons les marcheurs dont le diamètre est inférieur à environ 20 mètres, car une courbe trop serrée augmente les contraintes répétées sur les structures locomotrices.

Nous changeons régulièrement les séquences et les appuis.

Notre référence :

≈ 12 km/h

avec des pauses toutes les 10 minutes environ.

Par temps chaud, nous pouvons utiliser un brumisateur pour rafraîchir le sol et les chiens.

Et contrairement à ce que certaines personnes pensent, le marcheur peut être un exercice très ludique.

Sur tous nos chiens, une seule n’aimait vraiment pas cet exercice.

Dans son cas, la solution était simple :

elle restait sur le canapé et regardait les autres courir !

N’est-ce pas, Platine ?

Fiche pratique – Marcheur

Cette fiche permet de renseigner la durée, l’allure, le sens de rotation et d’observer notamment la qualité du trot, la régularité de l’effort, la locomotion, la fatigue et la récupération après l’exercice.

Retrouvez Proteam-Fiche Marcheur

La natation

La natation est une excellente alternative au travail en traction.

Elle permet de travailler la musculature sans les mêmes contraintes d’impact sur les articulations et les coussinets.

Nous utilisons principalement deux types d’exercices :

  • jeux dans l’eau avec balle ou bâton ;
  • nage en suivant un canoë.

La durée est généralement d’environ 20 minutes.

Attention toutefois : la natation peut être extrêmement musculaire.

La première année où nous avons commencé à faire nager les chiens, nous réalisions parfois des séances beaucoup trop longues.

La prise de muscle était spectaculaire.

Mais trop de muscle, ou une musculature développée de manière déséquilibrée, peut réduire l’amplitude du mouvement et donc l’allonge du chien.

Tout est une question de compromis.

Fiche pratique – Natation

La fiche Natation permet de suivre le type de séance, sa durée, les températures de l’eau et de l’air, la qualité de la nage, la coordination des mouvements, la respiration, la motivation, la fatigue ainsi que la récupération après l’exercice.

Regardez : Proteam – Fiche Natation

Septembre : on commence à augmenter la charge

Début septembre, la phase estivale est terminée.

Nous pouvons commencer à augmenter progressivement la charge de travail.

Nouvelle semaine type

Jour Travail
Lundi Attelage – endurance
Mardi VTT libre
Mercredi Attelage – endurance
Jeudi VTT libre
Vendredi Attelage – endurance
Samedi Attelage – endurance
Dimanche Repos + jeux

Nous conservons des petits groupes afin de pouvoir faire travailler les chiens dans différentes positions.

Pour le travail attelé d’endurance, nous travaillons autour de 20 à 25 km/h au galop, sans moteur, selon le terrain et les conditions.

Nous commençons avec environ 6 km pendant 15 jours, puis augmentons progressivement d’environ 5 km toutes les deux semaines.

L’objectif est de valider chaque étape avant de passer à la suivante.

Progression du travail

Exemple de progression :

6 km
↓ 15 jours

11 km
↓ 15 jours

16 km
↓ 15 jours

21 km
↓ 15 jours

26 km
↓ 15 jours

etc.

Cette progression nous accompagne jusqu’à la mi-décembre environ.

Nous travaillerons ensuite spécifiquement la vitesse dans un autre chapitre.

Nutrition : la ration doit suivre l’entraînement

L’alimentation fait partie intégrante de la préparation.

La quantité de nourriture ne doit pas uniquement être déterminée par le nombre de kilomètres parcourus.

Le chien utilise de l’énergie pour :

  • l’activité physique ;
  • maintenir sa température corporelle ;
  • récupérer ;
  • conserver sa masse musculaire ;
  • s’adapter à l’augmentation de la charge de travail.

Pendant l’été, la chaleur peut donc modifier les besoins énergétiques même lorsque les distances semblent relativement faibles.

Nous suivons plusieurs indicateurs :

  • poids ;
  • état corporel ;
  • musculature ;
  • appétit ;
  • selles ;
  • récupération ;
  • niveau d’activité ;
  • charge d’entraînement.

Nous ajustons ensuite progressivement la ration.

À lire également : Comment préparer l’alimentation de son chien avant la reprise des entraînements ?

Changement d’aliment au moment de la reprise

La reprise de l’entraînement correspond également, pour nous, à une évolution de l’alimentation.

Lorsque les chiens passent d’une période estivale à une phase de travail plus importante, nous passons des croquettes PRO TEAM Puissance 4000 aux croquettes PRO TEAM Endurance 4400.

Ce changement accompagne l’évolution du type et de la charge de travail.

Comme pour l’entraînement, nous observons ensuite la réponse individuelle du chien : état corporel, poids, appétit, selles, récupération et évolution musculaire.

Confort digestif

Les périodes de reprise et d’augmentation de la charge d’entraînement peuvent également s’accompagner de modifications digestives.

Nous conseillons surtout des compléments destinés au confort digestif, lorsque cela est nécessaire, notamment lors des périodes de transition ou lorsque les selles deviennent plus sensibles après l’effort.

L’objectif est de maintenir une bonne tolérance digestive pendant toute la période d’entraînement.

Coussinets : les surveiller avant qu’il ne soit trop tard

Les coussinets sont particulièrement sollicités pendant la reprise.

Nous vérifions après les séances :

  • rougeurs ;
  • petites coupures ;
  • zones sensibles ;
  • usure ;
  • différence entre les quatre pieds.

Une petite abrasion peut devenir un problème important si le chien continue à travailler plusieurs jours dessus.

Vermifugation

La vermifugation fait partie du suivi sanitaire de l’équipe.

Nous adaptons le protocole de vermifugation à l’âge des chiens, à leur mode de vie, à leur environnement et aux recommandations de notre vétérinaire.

Observer la locomotion

Pour nous, le travail d’entraînement est aussi un moment d’observation.

Nous regardons :

  • la longueur de foulée ;
  • la régularité du galop ;
  • la symétrie ;
  • les changements de rythme ;
  • les virages ;
  • la position du dos ;
  • la manière de se déplacer à droite et à gauche ;
  • la récupération après l’effort.

Une modification inhabituelle de la locomotion ne doit pas être ignorée.

L’ostéopathie et la thérapie manuelle peuvent avoir leur place dans le suivi d’un chien sportif, mais elles ne remplacent pas un examen vétérinaire lorsqu’une douleur ou une pathologie est suspectée.

Notre règle : observer chaque chien

Nous regardons tous les jours :

Démarche
Comportement
Appétit
Selles
Récupération
Musculature
Coussinets

Si quelque chose change, nous adaptons.

Notre règle est simple :

UN DOUTE = UNE SEMAINE DE REPOS

Cela peut sembler excessif lorsque l’on prépare une saison.

Mais notre expérience nous a appris qu’il vaut mieux perdre une semaine au début que plusieurs mois à cause d’une blessure mal prise en compte.

Fiche pratique – Suivi individuel du chien sportif

Pour suivre l’évolution de chaque chien au-delà d’une séance particulière, Aurélie et Rémy disposent également d’une fiche individuelle.

Elle permet notamment de noter le poids avant et après la séance, le type d’entraînement, la distance, la durée, les conditions, l’alimentation, les selles, puis différents critères avant et immédiatement après l’exercice : état général, démarche, coussinets, récupération respiratoire, comportement, hydratation et digestion. Proteam fiche Pratique Individu…

Téléchargez :  Proteam fiche Pratique Individuelle

Cas pratique : Solo

Mâle • 5 ans • 28 kg

SOLO COSTE RACEDOG 2

Solo

Pour illustrer cette méthode, prenons l’exemple de Solo, mâle de 5 ans pesant 28 kg au début de sa reprise.

Solo reprend l’entraînement après six semaines d’arrêt.

L’objectif n’est pas de retrouver immédiatement le niveau de travail précédent, mais de reconstruire progressivement sa condition physique.

État initial

Poids : 28 kg
Arrêt : 6 semaines
État corporel : léger surpoids — Body Condition Score 5

Objectif :

  • retrouver un état corporel plus sec ;
  • reconstruire la musculature ;
  • retrouver progressivement l’endurance ;
  • augmenter la charge de travail sans provoquer de fatigue excessive.

Semaines 1–2 : reprise

À la reprise de l’entraînement, Solo passe des croquettes PRO TEAM Puissance aux croquettes PRO TEAM Endurance, afin d’adapter son alimentation à cette nouvelle phase de travail.

Pendant les premières semaines, la ration est progressivement augmentée.

Solo perd environ 600 g pendant les deux premières semaines :

28 kg → 27,4 kg

Cette évolution correspond à la diminution du léger surpoids initial.

Son appétit reste bon.

Ses selles sont légèrement plus molles dans les deux heures suivant l’effort, puis redeviennent normales.

Nous continuons donc à surveiller sa digestion tout en poursuivant la reprise progressive de l’entraînement.

Augmentation de la ration

Après les premières semaines de reprise, nous augmentons la ration de croquettes d’environ 30 % par rapport à la ration estivale.

Après deux semaines de reprise de l’entraînement, nous introduisons également de la viande de bœuf.

La viande utilisée apporte environ :

12 % de protéines
14 % de matières grasses

La ration finale est composée d’environ :

70 % CROQUETTES / 30 % VIANDE

Cette adaptation accompagne l’augmentation de la charge de travail et les besoins énergétiques de Solo.

Semaines 3–4 : le chien change

Après la perte initiale de poids, Solo recommence progressivement à prendre du poids.

Il remonte jusqu’à environ +500 g par rapport à son poids de départ.

Mais le chiffre sur la balance n’est pas notre seul indicateur.

Ce qui nous intéresse surtout est la composition corporelle.

Son état corporel évolue d’un BCS 5 vers un BCS 4, avec une silhouette plus sèche et une musculature plus développée.

La différence est particulièrement visible au niveau du bassin et de l’arrière-main.

Le chien paraît plus musclé et plus athlétique, sans retrouver le surpoids initial.

Observation de la locomotion

Au travail, Solo présente un :

GALOP PUISSANT ET RÉGULIER

La foulée est homogène et nous ne constatons pas de modification évidente de la locomotion.Solo

C’est un élément important : nous ne cherchons pas simplement à faire perdre du poids au chien, mais à améliorer sa condition physique et développer une musculature adaptée à son travail.

Semaine 4 : l’ostéopathie comme outil de suivi

Après quatre semaines de reprise, nous observons une tension au niveau du postérieur droit.

L’examen ostéopathique met en évidence des tensions au niveau :

  • du tarse droit ;
  • des quadriceps.

Cette observation nous permet d’intégrer immédiatement la récupération et le suivi locomoteur dans la préparation.

L’objectif n’est pas d’attendre qu’un chien boite pour intervenir.

L’observation régulière permet justement de repérer les petites asymétries avant qu’elles ne deviennent un problème plus important.

Après 1 mois : les coussinets

Après environ un mois de reprise, nous constatons également une légère usure des coussinets.

Ce n’est pas une raison pour arrêter systématiquement tout entraînement, mais c’est une information importante.

Nous adaptons la charge et surveillons leur évolution.

Un coussinet qui commence à s’abîmer est un signal : le chien est en train de s’adapter à une charge de travail qu’il n’avait plus connue depuis plusieurs semaines.

Le suivi de Solo en un coup d’œil

Indicateur Début Après 2 semaines Après 4 semaines
Poids 28 kg 27,4 kg +0,5 kg par rapport au départ
État corporel BCS 5 En amélioration BCS 4
Musculature Reprise Développement progressif Particulièrement visible au bassin
Appétit Bon Bon Bon
Selles Normales Légèrement plus molles après effort Normales ensuite
Locomotion — Régulière Galop puissant et régulier
Coussinets OK OK Légère usure
Ostéopathie — — Tensions tarse droit + quadriceps
Alimentation PRO TEAM Puissance Transition PRO TEAM Endurance + viande
Ration Estivale +30 % progressivement 70 % croquettes / 30 % viande

Ce tableau fait bien partie du document d’origine d’Aurélie.

SOLO COSTE RACEDOG 5

Solo

Ce que nous retenons de ce cas

L’exemple de Solo montre pourquoi nous ne suivons jamais uniquement un chiffre de poids ou une distance d’entraînement.

En quatre semaines, plusieurs choses ont évolué simultanément :

↓ masse grasse

↑ musculature

↑ charge d’entraînement

↑ besoins énergétiques

avec, en parallèle, la nécessité de surveiller :

les selles → les coussinets → la locomotion → la récupération

La balance nous donne une information, mais l’observation du chien nous donne beaucoup plus d’informations.

Une équipe, 35 chiens, 35 individualités

Avec une équipe de 35 chiens, nous ne pouvons pas considérer que les 35 chiens doivent recevoir exactement le même suivi.

Nous avons par exemple :

  • Solo — mâle, 5 ans, 28 kg ;
  • Faramir — mâle, 7 ans, 28 kg ;
  • Tornade — femelle, 4 ans, 24 kg ;
  • Maverick — mâle, 3 ans, 26 kg.

Même lorsqu’ils suivent le même programme général, leur âge, leur poids, leur métabolisme, leur expérience, leur musculature et leur récupération peuvent être différents.

C’est pourquoi notre programme donne une structure commune à l’équipe, mais l’observation individuelle permet ensuite d’ajuster le travail et l’alimentation de chaque chien.

Le principe que nous appliquons à toute l’équipe

Après 15 ans d’entraînement, notre approche reste finalement assez simple :

ENTRAÎNER
progressivement

NOURRIR
en fonction des besoins

OBSERVER
chaque chien individuellement

RÉCUPÉRER
avant que la fatigue ne devienne un problème

ADAPTER
plutôt que suivre aveuglément un programme

Parce qu’un chien de sport ne se construit pas en quelques semaines.

La performance est le résultat de centaines de petites adaptations réalisées tout au long de l’année.

UN DOUTE = UNE SEMAINE DE REPOS. Proteam-Remettre un chien a l’e…

L’interview PRO TEAM : comment Aurélie suit-elle réellement ses chiens au quotidien ?

Les fiches pratiques permettent de structurer les observations. Mais avec 35 chiens, comment les utiliser réellement au quotidien sans passer son temps à remplir des tableaux ?

Aurélie nous explique leur fonctionnement sur le terrain.

Concrètement, comment suis-tu tes chiens à chaque entraînement ?

Nous regardons les chiens et nous notons seulement les points jaunes et rouges.

Après chaque séance, Rémy les note sur son iPad.

Il utilise un tableau avec la date, l’entraînement prévu, l’entraînement effectué, la température et les observations.

Depuis le temps que nous observons les chiens avec tous les points définis précédemment, nous utilisons finalement un condensé de la fiche.

Quelles sont les données que vous notez systématiquement ?

Nous notons systématiquement :

  • la distance ;
  • la durée ;
  • la température ;
  • le ressenti de l’attelage ;
  • le ressenti du chien.

Si le ressenti concernant un chien passe en jaune ou en rouge, c’est ensuite moi qui prends le relais.

Je note sa récupération, son alimentation et toute anomalie.

Je réalise également une séance d’ostéopathie environ 12 heures après.

Le chien a ensuite quelques jours de repos puis, selon ce que j’ai observé, il reprend en VTT libre ou je réalise une nouvelle séance d’ostéopathie.

Quand tu as plusieurs chiens, comment arrives-tu à garder une vision globale sans passer ton temps à remplir des tableaux ?

Au-delà de tout ce que l’on peut noter, le plus important est le ressenti visuel et le ressenti de traction.

Cela, nous le prenons en note.

Ensuite, nous ne faisons pas de trop gros attelages afin de pouvoir voir chaque chien.

Il est plus facile de regarder 8 chiens que 14 ou 16 en même temps.

Nous observons notamment une démarche normale, une puissance régulière dans le harnais…

Pendant l’entraînement, je regarde chaque chien un à un, tout en conservant une vision globale de l’attelage.

Je me pose une question :

« Si la course avait lieu dans deux jours, qui est-ce que j’emmènerais et à quelle place est-ce que je le mettrais ? »

Cela me permet de garder un esprit critique et actif pendant que je les regarde courir.

Qu’est-ce qui te fait décider de modifier le programme d’un chien ?

À la moindre blessure ou boiterie, évidemment.

Mais également au moindre changement de comportement à l’effort, devant la gamelle ou en libre.

Si un chien récupère moins bien après une séance, il bénéficie d’un ou deux jours supplémentaires de repos puis reprend sur une séance plus courte.

En conclusion, au moindre doute, nous ralentissons l’entraînement de ce chien, et non celui de toute l’équipe.

C’est donc un véritable jeu d’échecs de modifier les entraînements pour que cela corresponde à tout le monde !

En conclusion

Ce retour terrain d’Aurélie Coste montre toute l’importance de l’observation dans la préparation d’un chien sportif.

Le programme d’entraînement donne une structure, les fiches apportent des repères, mais c’est l’observation quotidienne de chaque chien qui permet ensuite d’adapter réellement le travail.

Distance, durée, température, locomotion, récupération, comportement, alimentation : toutes ces informations prennent leur sens lorsqu’elles sont mises en perspective avec ce que le chien montre sur le terrain.

Et c’est probablement ce qui résume le mieux l’approche d’Aurélie et Rémy :

entraîner progressivement, nourrir en fonction des besoins, observer chaque chien, récupérer et adapter.

Aurélie Coste – Coste Racedog
Ambassadrice PRO TEAM Nutrition

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